dimanche 14 avril 2019

À notre tour maintenant





Verrait-on les Français demander la permission des Américains avant d’appliquer leurs décisions? Non. Chaque nation a le droit de se gouverner elle-même, surtout si ses intentions sont pacifiques. Pourtant, le Québec continue d’être humilié et doit soumettre chacune de ses décisions à l’approbation du Canada tout entier, de sorte qu’il ne prend pas de décisions du tout en fait. Il a des intentions mais c’est Ottawa qui prend les décisions, Ottawa ou les juges qu’elle nomme. Le gouvernement fédéral, le gouvernement du Canada, compte beaucoup sur ses juges, qui appliquent une Constitution adoptée sans le consentement du Québec, pour maintenir en place sa domination, d’un océan à l’autre.

Ça ne peut pas continuer comme ça. Si on veut enfin avancer, nous devons prendre la parole, cesser de nous taire et dénoncer l’inacceptable. Nous allons convaincre nos amis, notre famille, nos collègues que ça ne peut plus continuer. Il faut un vrai changement, une cassure avec le statu quo.

Il faut plus qu’un changement de parti. Il faut revoir notre façon de penser et réaliser que la situation nécessite que nous rompions avec un passé de soumission pour s’ouvrir à un avenir de liberté. Et, malheureusement, nous ne pouvons pas le faire à l’intérieur du Canada où nos mouvements sont, non seulement restreints, mais contrôlés par un régime qui dicte sa volonté. La seule façon d’y arriver c’est de déclarer l’indépendance. Nous négocierons une entente honorable pour les deux parties, nous sortirons de la fédération et le Canada deviendra un voisin, un ami, non plus un souverain. Cette porte vers un avenir meilleur, et des relations plus saines, nous seuls, ensemble, pouvons l’ouvrir. La franchir nous amène dans un univers complètement différent où les Québécois sont maîtres de leur demeure. C’est l’aboutissement du travail de générations de Québécois, qui ont survécu dans de difficiles conditions, qui se sont battus pour bâtir le Québec et nous léguer leur œuvre, inachevée.

À notre tour maintenant de prendre le relais. Nous nous sommes perdus depuis trop longtemps. Nous avons erré mais il est temps de retrouver notre chemin, car il mène au bien le plus précieux, pour soi et ses enfants, la Liberté. Voilà ce que nous voulons, la Liberté. Et ce qui vient avec, une démocratie où nos votes comptent vraiment, où nos voix sont entendues et notre volonté accomplie. Un héritage pour demain. Un avenir loin de celui que l’on prépare en se cachant de nos problèmes. Ces problèmes ne disparaissent pas, c’est nous qui disparaissons. Affronter le réel peut sembler difficile, le confort de l’indifférence plus aisé, mais c’est la seule manière de s’en sortir, une fois pour toute.

Une nouvelle révolution est possible. Elle est la clef qui déverrouille un avenir de confiance en soi et de fierté. La survie ne suffit plus, l’objectif dorénavant c’est l’émancipation. S’affranchir est la condition pour que notre nation puisse s’épanouir, librement. Il y aura toujours des contraintes et des obstacles à surmonter mais on se sera donné les outils pour y faire face et ressortir gagnants.

Tous les efforts pour réformer le Canada seront futiles. Jamais nous n’y serons respectés. Toujours, nous devrons nous plier aux décisions d’une autre nation, ni meilleure ni pire. Il faut que ça change, maintenant. Le statut de province nous étouffe et nous affaiblit. Le temps est venu de dire OUI au pays, OUI à nous-mêmes. Nous avons le droit d’exister et de diriger notre destinée. Dorénavant, les Québécois se tiennent debout, et sous aucun prétexte, on ne les écrasera de nouveau pour les maintenir dominés. Par nos gestes et nos paroles, nous allons faire du Québec notre projet collectif, celui qui nous réunira comme une nation. Le Québec a besoin de vous, et vous avez besoin du Québec. Courage camarades, la longue nuit tire à sa fin et laissera place au jour de la victoire.





Mathieu




mercredi 10 avril 2019

La centralisation du Canada s'accélère et nuit à l'autonomie du Québec




Avec votre argent, confisqué grâce au déséquilibre fiscal, le Canada se centralise de plus en plus. Le gouvernement fédéral prend de plus en plus de place et n’en laisse pas assez au Québec pour qu’il puisse se développer pleinement et librement. En ce moment, le fédéral a envahi tous les champs de compétence provinciale à des degrés divers. En fait, le minuscule espace d’autonomie de la nation québécoise rétrécit constamment, à cause de cette centralisation. Le fédéral soumet notre patrie à cette centralisation bien que ce que les Québécois désirent c’est plus d’autonomie. Mais comme ils sont minoritaires, ils n’ont pas pouvoir de décision.

Ainsi, plus on avancera dans le temps, pire ce sera. Et ce n’est déjà guère reluisant. Notre gouvernement national ne peut appliquer ses décisions sans l’approbation du fédéral ou des juges qu’il nomme, ce qui fait en sorte que les Québécois n’ont que très peu de contrôle sur ce que sera leur avenir et celui de leurs enfants. Peut-on alors vraiment parler de démocratie? Définitivement, le Canada est trop centralisé pour les besoins d’émancipation du Québec. Il est trop restreint pour ses aspirations.

Nous ne sommes pas le Canada. Le Canada est une société distincte à laquelle est raccroché le Québec et dont nous dépendons pour prendre nos décisions. Il n’y a rien de sain là-dedans. Tous les jours, le Québec doit sacrifier un peu plus de lui-même au nom de l’unité canadienne. Il doit agir comme le Canada veut qu’il agisse, pas comme lui voudrait agir. On ne le respecte tout simplement pas. La nation canadienne ne discute pas, elle impose sa volonté. Elle y parvient grâce à un cadre politique et juridique inadéquat pour le Québec et qui pénalise le fait d’être Québécois et de penser différemment. Ce n’est pas ainsi que ce doit être. Pour que nous acceptions de demeurer dans le Canada, il faut une nouvelle entente sur le partage des pouvoirs et des revenus. Et pour qu’elle soit satisfaisante, elle doit aller plus loin que Meech. Ça doit être plus qu’un gros spectacle. Nous voulons un réel équilibre des pouvoirs entre Ottawa et Québec, une répartition juste et équitable, un réajustement qui reconnaît le Québec comme nation dans les faits et dans les actes, pas juste en paroles. Le Canada doit cesser de maintenir notre nation sous sa botte, prisonnière des sables vaseux du statu quo qui l’empêche chaque jour un peu plus d’avancer.

Sous le régime actuel, le Québec s’enfonce, inexorablement. Il ne peut y avoir qu’une solution à ce problème. Seule l’indépendance peut le sortir de toute cette boue qui entravent ses mouvements. Car, malheureusement, il n’y aura pas de réforme. Le Canada ne veut pas changer. Il aime les choses telles qu’elles sont. Il ne veut pas changer et ne changera pas. Il en est incapable. Il l’a maintes fois prouvé. Maintes fois, il a démontré sa résistance au changement malgré ses promesses répétées d’ouverture. Qu’importe qui règne à Ottawa, le fédéralisme canadien demeure rigide et incapable de s’adapter aux besoins de la nation du Québec. C’est elle qui doit s’adapter et réduire ses attentes à presque rien face à un Canada intransigeant. Que de temps perdu à se battre pour des miettes alors qu’on pourrait mettre toutes nos énergies et toutes nos ressources au service de notre développement s’il était libéré de son carcan.

Ce qu’il nous faut c’est un pays bien à nous. Pour que plus jamais les Québécois ne soient des personnages secondaires de leur propre histoire. Pour que le Canada soit un ami, non plus un souverain. Pour se débarrasser des chaînes et du ressentiment qu’elles provoquent. Seulement alors on pourra se sentir enfin capables de prendre en main notre destin, sans ingérences extérieures. L’espoir peut renaître et le Québec avec lui. Fini les miettes d’existence. Les Québécois aux commandes de leur vie, voilà un avenir qui vaut la peine qu’on se batte pour.



Mathieu



jeudi 4 avril 2019

Le droit de choisir



Je profite du fait qu’une élection fédérale approche pour saluer le travail exemplaire des députés du Bloc québécois, qui vont à Ottawa, courageusement et malgré le mépris, mener la bataille pour la préservation de notre droit à l’autodétermination dans un Canada qui voudrait bien fixer lui-même notre sort et pourquoi pas, assister à notre disparition, notre assimilation.

Qu’est-ce que ça signifie le droit à l’autodétermination? Disposer de ce droit ne veut pas dire qu’on va se séparer mais qu’on a le droit de le faire. Nous sommes libres et choisissons nous-mêmes par quel moyens notre nation va s’épanouir. C’est un droit universel, chaque nation, souveraine ou non, le possède, dont le Québec. Ce qui agace Ottawa, qui veut contenir les élans québécois.

Le droit à l’autodétermination ça signifie concrètement qu’on a des options, maintenant et plus tard. Il n’y a pas qu’un chemin qu’on soit forcé d’emprunter. Notre destin n’est pas dicté par une force extérieure. C’est nous qui choisissons la destination, le chemin et la vitesse pour y arriver.

Plus concrètement encore, ça signifie que ce sont les Québécois qui décident de faire partie de la fédération et pas le Canada qui décide pour eux, et que ce choix n’est pas définitif. Les Québécois peuvent changer d’avis s’ils jugent que la situation a évolué. Ils ne sont pas des captifs. Leur attachement est volontaire.

Pouvoir choisir entre l’indépendance ou le fédéralisme fait donc partie de ce droit à l’autodétermination. Perdre ce droit voudrait dire qu’on ne peut plus choisir parce que le choix a déjà été fait, à notre place et de façon définitive. Mais avec ce droit, si on constate que le Canada ne répond plus à nos attentes, déjà limitées, on peut le quitter. Ce qui change considérablement le rapport de force ici, notons-le.

Le Québec peut grandir. Qu’arrivera-t-il alors si on a négligé de protéger ce droit. L’option de l’émancipation sera écartée et l’on se retrouvera coincés dans un cadre politique inadéquat à notre développement, pour toujours. Ce droit, c’est la différence entre être libre et ne pas l’être, entre l’enchaînement et la liberté. Sans ce droit, on devient prisonniers d’un avenir qu’on n’a pas choisi.

Même les Québécois les plus fédéralistes doivent appuyer cette liberté de choix car si le Québec devait continuer dans la fédération, ça doit être de son propre gré. Ça serait carrément écœurant qu’un libéral québécois soutienne le contraire. Je ne peux pas croire qu’il y a un seul fédéraliste, même au Canada, qui veut que le Québec reste de force dans la fédération. Et pourtant, ce ne serait pas la première fois qu’on l’écrase pour le maintenir plongé dans l’étouffant statu quo.

Ce n’est pas ainsi que ce doit être. L’utilisation de la force, de la menace et du stratagème pour contrôler la nation du Québec m’apparait inacceptable. Je dirais même que c’est une évidence pour tous. Personne ne veut agir sous la contrainte, peu importe sa nature. Si Ottawa veut garder le Québec dans son giron, il doit le faire en se prouvant, en prouvant que la nation québécoise peut se développer pleinement au Canada. Le Canada du passé a plutôt eu tendance à trouver des moyens de bloquer son développement par crainte qu’il mène à son affranchissement. Pour que le Québec accepte de demeurer une province, le Canada doit cesser d’être un frein à son développement. Il doit s’excuser de certains gestes passés et doit nous accompagner dans notre développement, ce qui implique qu’il doit se montrer assez flexible pour transférer des pouvoirs à Québec ainsi que des revenus. En fait, il ne devrait y avoir qu’une raison valable pour que le Québec renonce à devenir un pays, que le Canada nous soit réellement bénéfique. Malheureusement, comme il était hier, aujourd’hui et demain ça sera pareil, on ne peut pas juste avancer au Canada. On ne peut pas avancer parce que le gouvernement canadien ne respecte pas les Québécois. Ici, c’est le Canada qui décide ce qui est bon pour le Québec, pas les Québécois. La démocratie québécoise existe-t-elle vraiment sans le gouvernement responsable? Quand tout doit être approuvé par le fédéral qui lui, peut bien se passer de notre approbation pour nous imposer ses projets, aussi contraire soient-ils à la volonté populaire ou nuisibles pour notre nation, sa cohésion et son environnement?

Pour toutes ces raisons, nous avons besoin du Bloc québécois à Ottawa. Ses élus sont à l’avant-garde du combat pour protéger les droits que les partis pancanadiens aimeraient bien nous dérober et défendre notre droit à l’autodétermination. Cet automne, on doit les soutenir.




Mathieu